PRS Pays de la Loire 2018-2022

Anticiper et prévenir la perte d’autonomie chez les personnes de plus de 65 ans

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Alzheimer est après le cancer la maladie la plus redoutée des Français et véhicule de nombreux préjugés. Il est important de donner la parole aux aidés pour mieux connaitre la maladie.
Alzheimer est après le cancer la maladie la plus redoutée des Français et véhicule de nombreux préjugés. Il est important de donner la parole aux aidés pour mieux connaitre la maladie. ©Fotolia
Cet objectif opérationnel du schéma régional de santé décline l'orientation stratégique 3 : promouvoir collectivement l’autonomie dans une société inclusive.
Corps de texte
Résultat attendu

Face au vieillissement à venir de la population, 10 à 20 % des personnes âgées de plus de 65 ans seraient « fragiles » et cette proportion s’élèverait à 40 % chez les plus de 80 ans (SHARE 2011), le défi du « bien vieillir » est l’un des objectifs majeurs de la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement et de la région Pays de la Loire. Désormais, toutes les politiques publiques doivent converger vers le « bien vieillir » à domicile en favorisant le soutien de la personne âgée à domicile et dans la Cité. S’appuyant sur les données scientifiques récentes, la loi recommande d’agir précocement sur les comportements favorables à la préservation de l’autonomie, principalement l’activité physique et sportive et l’alimentation, et d’agir sur le cadre de vie et le soutien au domicile.

Le plan national d’action de la prévention de la perte d’autonomie de septembre 2015 souligne qu’il est possible de limiter la perte d’autonomie ou de la retarder, en développant une prévention des maladies liées à l’âge, mais aussi une prévention des incapacités entraînées par les maladies chroniques. Cette approche doit s’accompagner d’interventions sur l’environnement des personnes âgées.

Des programmes de prévention de la perte d’autonomie principalement portées par les caisses de retraite et les mutuelles, l’ASEPT (acteur inter régimes des actions de prévention CARSAT, MSA, Mutualité Française, RSI), AGIRC ARRCO et l’IREPS sous forme de programmes complets avec différents ateliers (alimentation, activité physique, adaptation de l’habitat…) ont été développés depuis plusieurs années dans une logique de parcours (données observatoire OSCARS).

Sur un plan plus local, des actions sont également portées par les fédérations sportives, des CCAS ou CIAS, parfois dans le cadre de contrats locaux de santé, autour également des thèmes de l’alimentation-nutrition et de l’activité physique et visent une population vulnérable, isolée. Une des difficultés identifiée de ces programmes est de réellement atteindre les publics vulnérables et/ou les territoires les plus éloignés.

La loi d’adaptation de la société au vieillissement a confié aux départements le leadership en matière de développement des actions de prévention par la Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie. Cette dernière est chargée de définir un programme coordonné de financement des actions individuelles et collectives de prévention.
L’ensemble des acteurs publics doit donc se mobiliser en faveur du grand âge en donnant un caractère prioritaire au développement de ces politiques de prévention. Il s’agit de :

  • Favoriser une articulation et envisager une convergence entre les conférences des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie et les autres instances de gouvernance départementale afin d’assurer une meilleure coordination des actions de prévention, de leur visibilité, améliorer l’accès aux aides techniques, et amplifier leur déploiement dans le cadre des parcours des aînés.
  • S’appuyer sur les caisses de retraite pour la promotion du vieillissement actif, les informations et outils proposés aux retraités, les programmes d’éducation à la santé « ateliers du bien vieillir », ateliers de stimulation de la mémoire et des fonctions cognitives, ateliers d’équilibre pour la prévention des chutes, ateliers nutrition.
  • Associer les acteurs de proximité dans le portage d’actions pluri thématiques au plus près des usagers en assurant une convergence entre les programmes de prévention de la perte d’autonomie liée au vieillissement, aux maladies chroniques ou aux situations de handicap.
  • Toucher réellement un public vulnérable ou fragile, isolé, et pas seulement le plus motivé. L’enjeu est donc de démultiplier ces actions pour couvrir davantage de territoires, et notamment des territoires ciblés par l’observation comme étant des zones de vie de populations vulnérables, en agissant avec les partenaires locaux mairies, CCAS, CLIC, les associations d’aide et de soutien à domicile pour mobiliser les personnes fragiles.
  • Mobiliser les collectivités locales autour de leur politique d’aménagement et d’urbanisme pour créer des environnements favorables au « bien vieillir ».
  • Accompagner les dispositifs de répit et de soutien aux aidants naturels, piliers du soutien à domicile.
Indicateurs cibles
Leviers d'action

Créer un environnement favorable au « bien vieillir »

  • Intégrer la dynamique des personnes âgées dans la création d’environnements favorables au « bien vieillir ».

Accès aux actions de prévention

  • Décliner en tout point du territoire ligérien (EPCI) des actions de prévention individuelles et collectives sur les thématiques :

    • des chutes,
    • de la prévention de l’isolement,
    • de l’alimentation et de l’activité physique,
    • l’hygiène bucco-dentaire,
    • de lutte contre l’iatrogénie médicamenteuse (accompagnement à la gestion du médicament en lien avec l’éducation thérapeutique), de l’aménagement de l’habitat.
  • Pour les territoires peu accessibles aux opérateurs,
    • Construire des actions plurithématiques.
    • Construire ou accompagner les actions de soutien aux déplacements.
    • Intégrer les critères d’accessibilité territoriale dans les appels à projets.

Préserver la santé physique et mentale des aidants naturels par des initiatives de prévention et de soutien

  • Décliner localement une politique d’appui aux aidants basée sur :

    • Un repérage pour établir un état des lieux des aidants naturels,
    • Le développement d’une communication spécifique à destination des aidants,
    • La sensibilisation et la formation des personnels des SAAD et des SPASAD pour mieux repérer les aidants fragiles,
    • L’orientation vers les plateformes de répit créées à proximité des bassins de vie.
  • Conforter une gouvernance départementale en lien avec la Conférence des financeurs de la perte d’autonomie.
  • Agir au niveau régional pour favoriser l’accès aux actions de prévention et d’appui aux aidants :
    • Favoriser une culture commune entre les acteurs autour de la prévention de la perte d’autonomie et de l’appui aux aidants.
    • Valider au sein des instances de concertation régionale des plans de déploiement concertés.

S’appuyer sur l’expertise des acteurs de proximité

  • Faire identifier par les MAIA les bonnes pratiques et les initiatives des territoires dans le domaine de la prévention de la perte d’autonomie pour favoriser le déploiement d’actions ayant montré leurs preuves.

Soutenir les acteurs de prévention

  • Accompagner les acteurs de prévention de proximité dans la définition et la conception de projets.

Faire converger les actions

  • Rapprocher les programmes de prévention de la perte d’autonomie et des programmes d’accompagnement des maladies chroniques.

Soutenir les professionnels de santé

  • Impliquer les acteurs de proximité dans la construction de programme de prévention de la perte d’autonomie.
  • Sensibiliser les médecins et infirmiers libéraux au repérage des aidants fragiles.

Former les professionnels médicaux et paramédicaux

  • Promouvoir l’intégration dans les formations des professionnels médicaux et paramédicaux des modules relatifs à la prévention.

Rendre visible les actions de prévention et de soutien aux aidants

  • Assurer la promotion de l’outil OSCARS en tant qu’outil principal de promotion et de connaissance des programmes de prévention de la perte d’autonomie.
  • Créer un baromètre de la santé des aidants au niveau régional.